Comment prévenir la dénutrition chez les personnes âgées

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Identifier et comprendre la dénutrition chez les personnes âgées : un enjeu essentiel

La dénutrition chez les personnes âgées demeure un problème majeur de santé publique en 2025, touchant environ 400 000 seniors vivant à domicile et 200 000 en établissements en France. Pourtant, elle reste souvent sous-estimée, confondue à tort avec une simple perte d’appétit liée au vieillissement. Or, la dénutrition est une pathologie grave, caractérisée par un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme, qui conduit à une perte de poids involontaire, une fonte musculaire et une sensibilité accrue aux infections et complications diverses.

Pour comprendre ce phénomène, il convient d’examiner les multiples facteurs aggravants qui affectent particulièrement les seniors. Le vieillissement impacte le métabolisme, la digestion, la mastication, ainsi que la perception des saveurs. Cette altération physiologique, combinée à des maladies chroniques comme le diabète, la BPCO, ou l’insuffisance cardiaque, ou encore à des troubles de la déglutition, augmente considérablement le risque de dénutrition.

Le projet multidisciplinaire RENESSENS, piloté par INRAE et achevé en 2018, a mis en lumière la nécessité d’une approche globale et personnalisée pour prévenir ce fléau. Ce travail collaboratif, réunissant experts en gériatrie, nutrition, psychologie et sciences de l’alimentation, insiste sur l’importance de personnaliser la prise en charge alimentaire en fonction des besoins, capacités et préférences du senior.

Signes précurseurs : comment repérer un risque de dénutrition

La dénutrition peut s’installer insidieusement, sans signes évidents au départ. Les indicateurs physiques à surveiller sont cruciales :

  • Perte de poids involontaire : plus de 5 % en un mois ou plus de 10 % en six mois.
  • Perte de masse musculaire : fatigue, perte de force, vêtements devenant trop amples.
  • Apparence physique : ongles cassants, peau sèche, visage émacié, cernes marqués.

Le comportement alimentaire révèle aussi des indices importants :

  • Refus ou diminution notable de la prise alimentaire.
  • Difficulté dans la préparation ou la consommation des repas.
  • Baisse d’intérêt pour la nourriture, repas moins partagés ou moments solitaires.

Le diagnostic s’effectue par un professionnel de santé qui évalue notamment l’IMC, le poids et ses variations, la force musculaire au moyen du test de serrage de main ou encore le score MNA (Mini Nutritional Assessment). Ces outils permettent de détecter la dénutrition à un stade précoce et d’adapter la prise en charge.

Tableau récapitulatif des critères de dénutrition selon la HAS

Critères Dénutrition modérée Dénutrition sévère
Perte de poids > 5 % en 1 mois ou > 10 % en 6 mois > 10 % en 1 mois ou > 15 % en 6 mois
IMC (≥ 70 ans) < 21 < 18,5
Albuminémie < 35 g/L < 30 g/L
Score MNA < 17 points < 12 points

Une attention régulière à ces critères est essentielle pour prévenir l’aggravation de la situation.

Alimentation enrichie et personnalisation : les piliers de la prévention

Face à la baisse de l’appétit fréquente chez les personnes âgées, couvrir leurs besoins nutritionnels par une alimentation adaptée est fondamental. Les responsables de structures comme Nutricia, Fresenius Kabi ou Nestlé Health Science travaillent depuis plusieurs années à l’élaboration de produits enrichis alliant haute valeur nutritionnelle et acceptabilité gustative.

Le concept d’alimentation enrichie consiste à augmenter la densité nutritionnelle des repas sans augmenter leur volume, voire en réduisant la taille des portions. Cette méthode est particulièrement recommandée pour les seniors qui ne peuvent plus consommer de grandes quantités.

Stratégies pour enrichir les repas au quotidien

  • Ajouter du fromage râpé, des œufs, de la crème ou des huiles végétales à divers plats pour un apport calorique et protéique accru.
  • Privilégier les aliments riches en protéines de haute qualité, tels que la viande, le poisson, le tofu ou les œufs, indispensables à la préservation musculaire.
  • Adapter les textures pour les personnes souffrant de troubles de mastication ou de déglutition (préparations mixées, aliments mous, etc.).
  • Agrémentez les repas d’aliments plaisir, y compris sucrés, pour stimuler l’envie de manger sans culpabilité.
  • Fractionner les prises alimentaires en plusieurs repas plus petits, complétés par des collations pour limiter la fatigue alimentaire.

L’engagement des services de restauration collective spécialisés comme Sodexo Seniors, Elior Services, Apetit ou Blédina Nutriservice, garantit des menus variés et enrichis qui respectent les préférences des personnes âgées tout en répondant à leurs besoins spécifiques. De plus, les interventions de sociétés telles qu’Orpea, DomusVi ou Les Menus Services assurent un suivi personnalisé en institution ou à domicile.

Exemple concret d’un menu enrichi

Repas Proposition Astuce d’enrichissement
Petit déjeuner Yaourt nature et compote Ajouter des noix concassées et une cuillère de miel
Déjeuner Filet de poisson, purée de pommes de terre, légumes Incorporer de la crème fraîche à la purée, servir avec une sauce beurre-citron
Dîner Omelette aux herbes, salade Ajouter du fromage râpé dans l’omelette, offrir un dessert laitier

Maintenir la motivation et l’envie de manger chez les seniors : un défi psychologique et social

Au-delà de la composition des repas, la dimension psychologique et sociale joue un rôle primordial dans la prévention de la dénutrition. La solitude, la dépression et le manque d’intérêt pour la nourriture peuvent rapidement aggraver la situation.

Pour encourager une alimentation suffisante, il est essentiel de :

  • Soigner la présentation des plats : un aspect attractif stimule l’appétit.
  • Favoriser le partage des repas : les moments conviviaux réveillent l’envie de manger.
  • Lutter contre l’isolement social, qui est l’un des principaux facteurs déclencheurs de malnutrition.
  • Faire appel à un suivi nutritif et psychologique si nécessaire, en collaboration avec des diététiciennes et professionnels de santé.

Par exemple, une intervention en maison de retraite menée par Nestlé Health Science a démontré que des activités culinaires participatives et des repas thématiques améliorent notablement la prise alimentaire et le bien-être des résidents.

Conseils pratiques pour les aidants familiaux et professionnels

  • Rester attentif aux signes de fatigue ou de refus alimentaire répété.
  • Proposer des repas en petites quantités, mais régulièrement.
  • Impliquer la personne âgée dans la préparation ou le choix des plats pour renforcer son autonomie.
  • Organiser des sorties ou invitations à déjeuner pour combattre l’isolement.

L’accompagnement médical et la surveillance pour une prévention efficace de la dénutrition

La prévention de la dénutrition implique un suivi rigoureux, à la fois médical, nutritionnel et social. Dès qu’une perte d’appétit ou une perte de poids est constatée, un dépistage s’impose afin d’intervenir rapidement et d’éviter la dégradation de l’état de santé.

Les professionnels comme les médecins, infirmiers ou diététiciens utilisent des outils précis tels que le test de serrage de main, le score MNA, ou encore des examens biologiques (albumine, pré-albumine, CRP) pour évaluer la situation nutritionnelle et ajuster les traitements.

Prise en charge et interventions possibles

  • Prescription de compléments nutritionnels oraux (CNO) – produits élaborés par Nutricia ou Fresenius Kabi – en boisson ou dessert pour augmenter les apports caloriques.
  • Assistance à domicile pour la préparation et la prise des repas, souvent proposée par des services comme Les Menus Services ou DomusVi.
  • Consultation régulière avec une diététicienne afin d’adapter au mieux le régime alimentaire aux conditions de santé.
  • Suivi multidisciplinaire pour accompagner le senior dans sa vie quotidienne, tout en prévenant les risques liés à la dénutrition.
Intervention Description Exemple de prestataire
Compléments nutritionnels Apport de calories et protéines concentrées pour combler les carences Nutricia, Fresenius Kabi, Nestlé Health Science
Aide à domicile Préparation des repas, aide à la prise alimentaire Les Menus Services, DomusVi
Consultation diététique Suivi personnalisé et conseils adaptés Professionnels de santé indépendants ou en établissement

Une vigilance toute particulière est requise en milieu hospitalier, car de nombreux seniors s’y dénutrissent en raison d’un stress accru, d’alimentation interrompue lors d’examens ou après une opération. Un dépistage systématique à l’admission et un suivi nutritionnel continu sont indispensables.

Préserver la masse musculaire pour éviter les complications liées à la dénutrition

La perte de masse musculaire liée à la dénutrition, appelée sarcopénie, est un facteur clé de fragilité chez les seniors. Elle impacte la mobilité, augmente le risque de chutes et conduit souvent à une perte d’autonomie durable.

Prévenir la sarcopénie passe par une combinaison d’alimentation adaptée et d’activité physique régulière, adaptée aux capacités de chacun.

Actions recommandées pour préserver la masse musculaire

  • Augmenter les apports en protéines de qualité calorique suffisante, notamment via les aliments enrichis.
  • Favoriser une activité physique douce et adaptée, telle que la marche, le renforcement musculaire en salle ou la gymnastique douce.
  • Limiter la sédentarité, notamment chez les personnes âgées en institution ou à domicile.
  • Suivi régulier pour adapter les recommandations en fonction de l’évolution de la santé.

Des structures comme Orpea et DomusVi proposent déjà des programmes spécifiques d’animation et de rééducation qui intègrent ces principes pour offrir aux résidents une qualité de vie améliorée et préserver leur autonomie le plus longtemps possible.

Exemple d’un programme de prévention de la sarcopénie en EHPAD

Activité Description Bénéfices
Renforcement muscular léger Exercices à base de bandes élastiques deux fois par semaine Amélioration de la force et de l’équilibre
Marche quotidienne Promenade de 20 minutes sur parcours sécurisé Prévention de la perte de mobilité
Ateliers culinaires enrichis Préparation collective de repas enrichis pour favoriser l’appétit Stimulation sociale et nutritionnelle

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